Invité de l’émission « Intégral Foot » de la Télévision nationale du Burkina, lundi 10 août 2026, le sélectionneur des Etalons dames, Pascal Sawadogo, a fait de graves révélations sur les primes de qualification, de sélection et de victoire servies aux Etalons lors de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) qui se déroule en ce moment au Maroc. Ces propos laissent entrevoir le traitement inique de la sélection comparativement aux autres sélections féminines et aux Etalons hommes.
Si les Etalons dames ont été sorties dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) Maroc 2026, après deux défaites contre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud et une victoire contre la Tanzanie, elles font parler d’elles plus par l’extra sportif que par leurs résultats. En effet, invité de l’émission « Intégral Foot » de la Télévision nationale du Burkina, lundi 10 août 2026, le sélectionneur des Etalons dames, Pascal Sawadogo, a fait des révélations pour le moins fracassantes.
Il est d’abord revenu sur un épisode qui aurait, selon lui, bouleversé l’équilibre au sein de l’écurie. « Dans le mois de juin, on a joué deux matches amicaux contre le Mali au stade du 4-Août. Etant donné que la fédération a supporté les charges financières, on a logé les filles burkinabè et les filles maliennes dans un même hôtel. Pour moi, c’était une bonne initiative pour la cohésion mais des informations ont circulé parce les filles maliennes recevaient dix millions de francs CFA par fille pour chaque qualification à la CAN. Chez les Maliens, il n’y a pas de différence entre les Aigles hommes et les Aigles dames. Pourtant ici au Burkina Faso, on nous a proposé 500 000 francs CFA, soit 20 fois moins », a-t-il confié. Ces informations ont, foi du sélectionneur national, porté un coup au moral des filles et sérieusement entamé leur motivation.
Abordant l’épisode de la CAN 2022 au Maroc, première historique, pour les Etalons dans, Pascal Sawadogo a laissé entendre que la prime était de 600 000 francs CFA répartie comme suit : 300 000 francs CFA comme prime de qualification, 200 000 francs CFA comme prime de sélection pour la CAN et 100 000 francs CFA représentant la prime d’internat. « Les filles ont donc manifesté. Le président du Comité olympique (Jean Yaméogo, Ndlr), que je remercie au passage, est allé voir Lazare Bansé (alors président de la FBF) qui a ajouté 500 000 francs CFA. Donc le tout faisait 1 100 000 francs CFA », a-t-il poursuivi. Et d’ajouter : « A cette CAN, ils ont dit que la prime de victoire faisait 500 000 francs CFA mais nous avons fait un match nul. Alors, la prime a été réduite à 250 000 francs CFA. Donc financièrement, une fille qui a joué les matchs de qualification et qui a participé à la CAN en 2022, est revenue avec 1 350 000 francs CFA. C’est tout ce que chaque fille a reçu ».
Mutinerie dans l’écurie
Concernant la CAN 2026, la prime de qualification était fixée, selon le sélectionneur national, à 500 000 francs CFA et un million de francs CFA pour la prime de sélection. Ce qui faisait un total de 1 500 000 francs CFA. « Arrivés au Maroc, nous avons joué un match amical avec l’équipe de FUS Rabat et avons reçu une prime forfaitaire de 200 000 francs CFA. Donc ça fait une somme de 1 700 000 francs CFA de liquidité que nous avons reçue. Maintenant pour la prime de victoire, ils ont gardé les 500 000 francs CFA jusqu’à présent », a-t-il regretté.
A en croire Pascal Sawadogo, cette situation aurait provoqué une contestation au sein du groupe, au point de perturber le départ de la sélection pour le Maroc. L’équipe aurait ainsi passé huit jours à Ouagadougou, sans entraînement ni match amical. A cause de ces difficultés, l’équipe a même raté son vol ; toute chose qui expliquerait son arrivée au Maroc. « Quand nous sommes arrivés, on n’a même pas pu organiser un match amical avec une équipe nationale parce que tout le monde avait déjà fini son programme. Et même avec le FUS de Rabat (un club marocain, Ndlr), nous avons pu négocier un match amical de deux fois 40 minutes au lieu de deux fois 35 minutes qu’ils nous avaient proposé, compte tenu de leur programme chargé », a-t-il laissé entendre.
Malgré tout, le sélectionneur a salué la résilience de ses protégées qui, malgré toutes les difficultés, ont mouillé le maillot et défendu les couleurs nationales avec bravoure.
Par Bouélé Philippe BATIONO





